Publié le 30 mai 2024 à 08:38

Crédit Photo : Le Petit Lillois
La saison 2023-24 a pris fin. Durant celle-ci, le LOSC a enregistré dix arrivées. L’heure est désormais faire un bilan sur l’apport de chacune d’entre elles. Certaines se sont montrées convaincantes, d’autres beaucoup moins.
L’heure est au bilan au crépuscule de la saison 2023-24. Alors que la fenêtre du mercato estival s’ouvre dans un peu plus d’un mois, le 1er juillet prochain, il est temps de faire un état des lieux, notamment des recrues débarquées dans le Nord ces derniers mois. Certaines se sont révélées être de très belles pioches, d’autres ont eu eu des difficultés à confirmer les attentes plaçaient en eux. Patience…
Tiago Santos (21 ans)
C’est peut-être la révélation de la saison du côté du LOSC, voire même de la Ligue 1 Uber Eats. Tiago Santos est arrivé avec de belles promesses d’avenir dans ses bagages et autant dire que celles-ci ont rapidement été confirmées sur le rectangle vert. Pour preuve, il est la recrue la plus utilisée par Paulo Fonseca cette saison. Dès le début d’année, le latéral portugais de 21 ans est aligné sur le côté droit de la défense, en concurrence avec Bafodé Diakité. Tout au long de l’année, il a montré une aisance offensive certaine, d’autant plus dans son duo avec Edon Zhegrova, présent devant lui.
Sur le plan défensif, le Portugais a eu plus de lacunes, mais a toujours eu la volonté de s’améliorer. Il l’a d’ailleurs évoqué au cours de la saison, en décembre : « J’aimerais encore progresser pour atteindre un meilleur niveau. Je voudrais améliorer mes statistiques, qu’elles soient offensives ou défensives. Mieux défendre, marquer davantage, faire plus de passes décisives. Je suis défenseur et ma première mission est donc de défendre », lançait-il à l’époque, conscient des remontrances de son coach. Ce qui est certain, c’est que Tiago Santos n’a rechigné à l’idée de cravacher pour progresser. C’est alors qu’il a grandi, et continuera de grandir : « J’ai joué beaucoup de matchs. Bien sûr, j’ai connu des hauts et des bas, mais de façon générale, je pense que j’ai réussi de bons débuts. Ça pourrait être mieux et ça le sera, j’en suis persuadé. Je dois continuer de travailler. »
Cette analyse fut plutôt juste. Après cette déclaration, Tiago Santos est sorti une seule fois du onze de départ. C’était en Coupe de France face au Racing Club de France. Il a profité de l’absence de Bafodé Diakité, la faute à sa gêne à l’épaule, pour s’imposer pleinement dans le onze de départ de Paulo Fonseca. Cette saison, Tiago Santos a disputé 43 matchs sous le maillot lillois pour trois buts et deux passes décisives. Un total de 3500 minutes disputées et de très grandes promesses entrevues. Jusqu’où ira-t-il ?
Hakon Haraldsson (21 ans)
Transfert le plus dépensier de l’été, lui aussi a posé ses valises au Domaine de Luchin en soulevant d’importants espoirs chez les supporters lillois. Tout droit venu du Danemark contre une importante somme d’argent, l’Islandais, âgé de 21 ans, avait pourtant mal débuté sa saison. Positionné sur le coté gauche de l’attaque des Dogues, il a eu de grandes difficultés à s’acclimater au jeu physique de la Ligue 1. Avec sa petite taille, le numéro 7 lillois a dû faire face aux défenses regroupées du championnat français et que ce fut délicat : « Le championnat, une autre équipe, tout était différent pour Hakon. Il avait très bien commencé sur la pré-saison, avec beaucoup de bons matchs, mais la réalité du championnat était différente. Nous n’avons pas beaucoup d’espace ici, ce qu’il aime pour évoluer sur le terrain. Il a eu besoin de s’adapter », analysait Paulo Fonseca au cours du mois d’avril.
Après des premières semaines difficiles, l’Islandais est relégué sur le banc avec des bouts de matchs comme seuls repas à se mettre sous la dent. Il n’avait joué que 477 minutes jouées seulement lors de la première partie de saison, le tout sans être décisif. Il inscrit son premier but face au Golden Lion en janvier et laisse alors germer l’idée que la suite ne pourrait être que plus positive. Finalement, c’est ce qu’il s’est passé. Hakon Haraldsson a en effet été meilleur sur la fin de saison, pesant dans le jeu offensif tout en parvenant à devenir l’une de ses pièces inamovibles : « Il n’y a pas vraiment eu de moment lors duquel tout a changé. Je pense que la période de Noël m’a peut-être fait du bien et aussi le fait de marquer mes premiers buts. Cela m’a permis d’avoir plus de confiance maintenant », lançait-il pour évoquer un déclic au cours de l’année. Match après match, il a démontré qu’il en avait sur le capot, et que le LOSC n’avait pas parié sur n’importe qui : « Il comprend bien notre façon de jouer et ces derniers temps, il a été très important pour l’équipe. Il est dans une bonne période. C’est un autre joueur aujourd’hui », analysait ensuite Paulo Fonseca. Il termine la saison avec cinq buts, six passes décisives et tout le soutien d’un public qui poussera jusqu’au bout pour qu’il parvienne définitivement à déployer ses ailes.
Ivan Cavaleiro (Fulham)
Il est arrivé gratuitement en provenance du club londonien de Fulham. Ailier d’expérience, Ivan Cavaleiro a intégré l’effectif lillois dans l’objectif d’amener de la concurrence aux titulaires. Son début de saison était d’ailleurs plutôt positif. L’Angolais de 30 ans a démarré à plusieurs reprises, représentant une certaine sécurité défensive pour Paulo Fonseca et les Dogues quand, à l’opposé, Tiago Santos et Edon Zhegrova s’en donnaient à cœur joie pour faire plier la défense adverse. Il s’est même montré décisif en inscrivant un but, le seul avec le LOSC, face à son ancien club de l’AS Monaco dans un match au sommet. L’ailier a ainsi pu profiter d’un « temps de jeu conséquent » jusqu’à sa blessure (pubalgie), c’était à Lyon en novembre. Celle-ci l’handicape et le laisse sur le carreau pendant près de quatre mois. Elle l’avait déjà freiné dans ses performances sur le terrain. C’est en tout cas que déclarait Paulo Fonseca : « Même s’il a été bon avec nous depuis le début de la saison, je pense que cette blessure l’a empêché de jouer à son meilleur niveau jusqu’ici. Il doit maintenant se rétablir », confiait-il.
Plus qu’une impression du coach, Ivan Cavaleiro aussi se sentait bien dans ce début de saison, et ce, malgré d’éventuelles douleurs. Le système de jeu le mettait dans les meilleures dispositions : « Je me sens très à l’aise dans le système de jeu déployé. […] Je m’entends très bien avec Paulo Fonseca. Avec lui, nous avons notre propre façon de jouer. Parfois, on me demande de garder le ballon, parfois de prendre les espaces, parfois d’attendre et de provoquer, c’est assez varié et cela dépend de l’adversaire et de notre tactique. La chose la plus importante est de jouer simple et de toujours tenter d’accélérer le jeu. »
Sa seconde partie de saison a été plus difficile, incapable de retrouver de la consistance dans ses entrées en jeu. Il termine donc son aventure lilloise avec un seul but et deux passes décisives.
Nabil Bentaleb (29 ans)
Son transfert a agité le mercato lillois pendant de nombreuses semaines. Incertain à cause de problème de santé, Nabil Bentaleb a été contraint de patienter avant de pouvoir rejoindre son club formateur. Il doit en plus gérer une gêne au mollet dès son arrivée, freinant son intégration au groupe de Paulo Fonseca. S’il s’est fait attendre, la suite n’a été qu’immensément positive. Il a formé un binôme de fer avec Benjamin André et cette collaboration lui a permis de s’intégrer plus rapidement dans le système lillois : « Mon entente avec lui sur le terrain a été plutôt rapide. Je pense que l’on s’est compris assez rapidement. Je trouve que l’on est complémentaire. Benjamin, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup voire même énormément sur le terrain. C’est une pièce maîtresse pour nous », déclarait-il au début du mois d’avril.
Paulo Fonseca a tout de suite été conquis par le jeu de son milieu de terrain. Sa capacité de passes et de création de jeu ont été une grande aide dans le jeu des Dogues. L’entraineur portugais n’a d’ailleurs eu de cesse de décrire l’importance de Nabil Bentaleb tout au long de l’année : « Il a des caractéristiques pour jouer le jeu que je souhaite. Il a de l’expérience et il comprend bien le jeu, les moments dans un match. Il a déjà progressé depuis qu’il est arrivé, mais il lui reste une marge de progression ».
Nabil Bentaleb a tout de même vécu une période de moins bien. L’Algérien a été sélectionné pour la CAN. Ses performances y ont été décevantes et l’élimination de sa nation lors de la phase de groupes, alors qu’elle faisait partie des favoris, a laissé des traces. Il a cependant modéré ce coup de moins bien en le qualifiant de normal : « Il y a une différence avec toute l’atmosphère qu’il y a en Afrique et cela concerne également les demandes du coach en sélection. Cela demande un petit temps d’adaptation. J’ai été un peu moins bien sur les deux derniers matchs après avoir fait un bon retour contre Clermont, mais là encore, ça fait partie d’une saison avec des hauts et des bas », estimait-il. Il termine la saison sans but mais avec trois passes décisives et une maitrise du milieu de terrain de haute volée, notamment marquée par son match aller face au PSG ou le derby face à Lens. Il a été l’une des bonnes pioches de l’été, et aucun doute qu’il poursuivra sur cette lancée.
Ignacio Miramon (20 ans)
C’est sans doute l’une des déceptions du mercato estival. Ignacio Miramon, recrue d’avenir âgée de 20 ans, n’a jamais su trouver sa place dans l’effectif lillois. Quatrième dans la hiérarchie des milieux de terrain derrière Benjamin André, Nabil Bentaleb et Angel Gomes, il est finalement passé derrière Ayyoub Bouaddi au fil de la saison. La faute à un match raté à Lorient (4-1), son seul dans la peau d’un titulaire en puissance, dont Paulo Fonseca avait pris la responsabilité : « Je dois dire que lancer Nacho (Ignacio Miramon) contre Lorient, c’était une erreur, mon erreur. C’était trop tôt. »
Cette performance lui a causé beaucoup de torts durant l’année, difficile de s’en relever. Il ne jouera plus qu’une seule minute face au Havre en Ligue 1 et aura droit à 25 minutes pour se montrer face à Klaksvik ainsi que face au Golden Lion. Paulo Fonseca avait laissé entrevoir une amélioration en début d’année civile : « Ces dernières semaines, Nacho a beaucoup progressé. Je ne sais pas vous dire quand il jouera, mais je suis content parce que j’ai vraiment vu de la progression sur les deux-trois dernières semaines, notamment sur quelques détails importants », confiait le technicien. Pourtant, l’Argentin ne rejouera pas de la saison avec le groupe professionnel, n’apparaissant même plus dans le groupe pour les matchs, gêné par une pubalgie et une adaptation lente et délicate.
Samuel Umtiti (30 ans)
Il était censé apporter toute son expérience à une jeune défense qui en manquait tant. Samuel Umtiti et sa carrure de champion du monde 2018 ont débarqué dans le Nord au cours de l’été. Dans une défense composée de Leny Yoro, Alexsandro et Bafodé Diakité, il a d’abord fait partie d’une certaine rotation avant de peu à peu disparaître. Il n’a joué que 700 minutes toutes compétitions, pas épargné par des blessures à répétition et une opération du genou réalisée en début d’année civile. Celle-ci a tout simplement mis un terme à sa saison.
Dépassé par Leny Yoro et Alexsandro dans la hiérarchie, Samuel Umtiti n’a bénéficié que de peu de temps de jeu avec les Dogues même avant son opération. Paulo Fonseca a expliqué son choix par la bonne complémentarité des deux défenseurs centraux et des performances assez décevantes de son élément le plus expérimenté lorsqu’il était sur le terrain. « Je pense qu’il est facile de comprendre cette situation et je pense que tout le monde comprend que Leny (Yoro) et Alex(sandro) ont été très bons lors des derniers matchs. C’était important pour moi de trouver une stabilité défensive et nous l’avons justement trouvée parce qu’ils ont été bons. Tout le monde peut comprendre ce choix (celui de ne pas faire jouer Samuel Umtiti, ndlr). »
Vito Mannone (36 ans)
Il est arrivé dans un rôle de numéro, pas le plus simple, mais il en avait l’habitude. Le portier italien était prévenu, il allait être la doublure de Lucas Chevalier, qu’il devait encadrer dans sa progression. Numériquement, le portier de 36 ans remplaçait Benoit Costil pour devenir cet homme d’expérience. Paulo Fonseca a toujours gardé une grande confiance envers le gardien italien et il l’a montrée à plusieurs reprises cette saison. Il a eu la possibilité de s’exprimer six fois au total, dont cinq en tant que titulaire. Il a pu notamment disputé la Ligue Europa Conférence face à Klaksvik à l’aller et au retour, ainsi que la réception du SK Sturm Graz à la maison.
Tout au long de la saison, il se tenait prêt à saisir sa chance : « Je suis toujours prêt quand le coach m’appelle. Cela fait du bien d’engranger des minutes tout en réalisant un clean-sheet avec la défense. Nous devons continuer dans toutes les compétitions alors c’est vraiment important que tout l’effectif soit prêt et concerné », déclarait-il après le match face au Racing Club de France.
Andrej Ilic (23 ans)
Il est arrivé cet hiver après plusieurs semaines harassantes durant lesquelles le LOSC a tenté de trouver le remplaçant idéal à Jonathan David. Andrej Ilic est alors arrivé en tant que doublure, censé permettre au Canadien de souffler après une première partie de saison disputée avec le frein à main. Le Serbe s’était d’ailleurs montré ambitieux à son arrivée : « Je ne pense pas à la concurrence. Je suis un joueur. C’est au coach de décider de qui joue ou qui ne joue pas. J’attends et je saisirai les opportunités qui me sont données. On a un excellent attaquant, il y aura de la compétition. Je ferai de mon mieux pour prouver ma valeur », déclarait-il en conférence de presse lors de son arrivée.
Mais après une entrée face à Clermont en Ligue 1, c’est à Lyon en Coupe de France que sa saison bascula. Mal retombé, il fut victime d’une fracture du péroné et du subir une opération qui l’éloigna du terrain pendant plusieurs mois. Il n’est revenu que face à Nantes lors de l’avant-dernière journée de Ligue 1. Andrej Ilic n’a malheureusement pas eu l’opportunité d’afficher ses qualités et il faut désormais patienter jusqu’à la saison prochaine avant de, peut-être, pouvoir s’extasier.
Tiago Morais (20 ans)
Lui aussi est arrivé cet hiver, censé apporter plus de profondeur à un effectif dont les offensives penchaient peut-être un peu trop à gauche. Tiago Morais a également pris la direction du Nord de la France pour anticiper les prochains mercatos, et s’adapter en vue de la saison prochaine. En concurrence avec Ivan Cavaleiro, Rémy Cabella, Hakon Haraldsson, mais aussi et surtout Gabriel Gudmundsson, il n’a néanmoins eu droit qu’à peu de temps de jeu. Une blessure musculaire au quadriceps l’a également contrarié, l’obligeant à se satisfaire de 62 petites minutes.
Malgré son faible temps de jeu, Paulo Fonseca a fait part de la confiance qu’il plaçait en lui : « Il est bien, mais je pense que l’équipe tourne bien en ce moment (Hakon Haraldsson et Gabriel Gudmundsson commençaient à prendre une place certaine, ndlr). Les joueurs qui ont joué à sa position ont bien joué, justifiait le technicien, qui poursuivait. Ce sont aussi des questions stratégiques. On a beaucoup joué avec Gabbe (Gudmundsson) parce que c’était la stratégie. C’est pourquoi Tiago (Morais) n’a pas beaucoup joué. Mais je crois en lui, ce sont seulement les circonstances », tentait-il d’expliquer.
Rafael Fernandes (21 ans)
Dernière recrue hivernale, Rafael Fernandes est arrivé pour remplacer numériquement Tiago Djalo. Comme ses deux coéquipiers venus en janvier, il s’est rapidement blessé au quadriceps, l’éloignant des terrains jusqu’à la fin de saison. Il n’a donc pas encore disputé la moindre minute sous le maillot lillois du fait de cette blessure, symbole d’un mercato hivernal peu convaincant, du moins dans l’immédiat. Pour retrouver la forme, le défenseur central a profité de la disponibilité de la réserve pour grappiller quelques minutes, rien de suffisant néanmoins.






